Alors que beaucoup craignent un fort taux
d’abstention, ne faut-il pas voir dans cette désaffection la manifestation du fossé qui n’a cessé de se creuser entre les instances européennes et les peuples ?
Tout semble avoir été dit sur ce sujet : la «vieille Europe» aurait du mal à saisir son avenir, l’Europe de demain se construisant malgré tout à Bruxelles, quoi qu’en disent les anti-européens.
La crise actuelle nous oblige pourtant à nous interroger sur le travail réalisé et les chemins empruntés.
Initialement bâtie pour maintenir la paix, l’UE avait prévu de participer activement à la prospérité de ses membres à travers un grand marché sans frontières internes.
Le traité de Rome était explicitement porteur d’une politique saine, qui figure encore dans le texte : une union douanière comportant à la fois un libre commerce entre les États membres et des
droits de douane protecteurs aux frontières extérieures… donc une différence de traitement affirmée entre l’intérieur et l’extérieur.
La Commission était chargée de gérer le tout avec la mission «d’éviter des troubles sérieux dans la vie économique des États membres et d’assurer un développement rationnel de la production…» Le
ver dans la pomme.
Malgré les efforts du Parlement européen pour s’imposer, l’UE avance sans véritable contrôle démocratique des Etats membres, pilotée par la Commission, conformément au souhait des «Pères
Fondateurs» qui ont voulu mettre leur projet à l’abri des élections nationales, de peur que les peuples ne le freinent.
La difficulté tient donc à la politique de l’Union européenne qui a soutenu avec dogmatisme la politique d’ouverture des frontières tous azimuts, ce qui a conduit à la mondialisation sauvage.
La Commission européenne a donc faussement interprété les traités, forçant la main de nombreux États en se servant de sa position dominante, appliquant, au-delà des frontières extérieures, le
raisonnement qui avait servi à constituer le marché intérieur.
Cette mondialisation à outrance du libre-échangisme a conduit à la crise actuelle*. Certes la crise n’est pas «née» en Europe, mais elle est aussi la sienne : c’est la crise d’un monde qu’elle a
choisi… contre ses valeurs !
Sortir de la crise, revenir à l’Europe des peuples.
Il faudra donc mettre fin aux dérèglements qui ont engendrés la crise, et pas seulement aux excès de la finance, en retrouvant, notamment, le sens de la frontière : elle est une séparation
perméable qui assure un filtrage pour l’équilibre et la paix.
L’ironie de l’histoire veut que ce fondement de l’identité européenne soit aujourd’hui décrié comme du protectionnisme ou un repliement frileux sur soi, opposé à la générosité humaniste.
Pourtant, à y bien regarder, cette «générosité sans frontière» a surtout servi les intérêts des lobbies libre-échangistes qui ont pu s’infiltrer facilement dans le système, indifférents aux
souffrances causées par les ravages de cette politique.
Mais plus globalement, cette Europe qui n’en finit pas de s’étendre par traités et accords successifs centrifuges, ne nourrit-elle pas secrètement le vieux rêve impérialiste babylonien d’être «un
seul peuple» puissant et célèbre sur la terre ?
* les prix affichés incluent tous les coûts individuels et sociaux… que ne connaît pas la Chine par exemple. Un «droit additionnel» imposé au moment où le produit franchit la frontière serait un
réajustement face aux pays où l’absence de protection des citoyens et des entreprises allège les prix.
Les médias mettent l’accent, de temps en temps, sur les agressions dont sont
victimes les personnels enseignants.
En fait ils dissimulent plutôt l’ampleur d’un phénomène que chacun semble avoir intérêt à minimiser pour des raisons différentes, politiques ou idéologiques.
Le ministère de l’Education avoue une vingtaine de cas graves par mois, sans distinction, sachant que beaucoup de cas sont tus par peur des réactions.
Bien sûr, c’est avec raison que sont soulignées les violences envers les enseignants, avec aujourd’hui la nouveauté des armes de tous ordres : couteaux, ciseaux, cutters et même jets de pierres
lorsque l’enseignant a le dos tourné.
Cela relève d’une détérioration bien connue du respect dû à l’autorité et, plus simplement de la non reconnaissance croissante de «qui est l’autorité». Pourtant il ne faut pas oublier que la
violence s’exerce majoritairement entre élèves, ce qui fait de l’institution républicaine en charge des enfants un lieu de moins en moins sûr.
Les réactions officielles : Si toutes les structures ne sont pas concernées au même degré (peu en zone rurale et en écoles privées), les chefs d’établissement reconnaissent leur impuissance à
traiter ou anticiper.
Le gouvernement travaille donc sur les mesures annoncées dans le cadre du plan anti-bandes du Président de la République : fichier des violences, systèmes municipaux de vidéo protection et
surveillance des établissements scolaires, portiques de détection ou fouilles à l’entrée, création du «délit d’intrusion»... et, plus important que tout peut-être, un changement d’attitude de la
justice, Nicolas Sarkozy souhaitant qu’une victime d’agression puisse «être traitée aussi bien que le délinquant».
Des éléments à considérer : Le souhait du chef de l’Etat s’inscrit dans la nécessité de rééquilibrer une conception post mai 68 selon laquelle le coupable n’est pas responsable, puisqu’il ne serait
qu’une victime de la société.
Or aujourd’hui, médias et jeux vidéo véhiculent une violence banalisée, quand elle n’est pas légitimée !
Culture ambiante ou marché lucratif, la justice n’a pas les moyens de s’y opposer. A cela s’ajoute la promotion d’un multiculturalisme qui, n’ayant été ni réfléchi, ni accompagné, participe à
effacer les repères.
Des solutions à notre portée ? Seule une prise de conscience nationale peut changer les choses.
D’une part au niveau de la famille qui doit retrouver son rôle éducatif. Bien ou mal, c’est en son sein que se transmet la morale et que s’enseignent les devoirs et les droits à assumer et à
respecter au sein de la société : responsabilisée, elle doit être le premier lieu de prévention de la délinquance.
D’autre part l’école doit revenir, sans complexe, à sa vocation à former le futur citoyen qu’est l’enfant ou l’adolescent.
Il semble urgent que les cursus d’enseignement intègrent l’acquisition des règles de vie en société… et dans la société française, sauf à poursuivre l’échec de l’intégration des cultures
étrangères.
Pour faciliter cette réorientation, il serait souhaitable que la présence à l’école d’un encadrement d’adultes plus nombreux et formés soit, à l’époque des économies budgétaires, envisagée comme
une «dépense rentable».
L’ASEM
(Asia-Europe Meeting) est une plate-forme de dialogue et de débat sur le développement durable et l’environnement en Asie et en Europe ; elle se veut une interface entre les gouvernements et la
société civile pour des recommandations politiques.
La 9e conférence des ministres des affaires étrangères de l’ASEM est placée sous le thème «intensifier les relations de partenariat Asie-Europe pour mieux surmonter la crise économique et
financière et relever les défis internationaux».
Sont attendus 500 délégués venus des 45 pays membres de l’ASEM, avec l’objectif de mener des négociations entre partenaires égaux pour renforcer la compréhension mutuelle entre peuples et cultures,
maintenir la paix et la stabilité et créer de bonnes conditions à un développement socio-économique durable.
A la demande de la Chine, l’accent sera mis sur la sécurité énergétique et alimentaire.
Le changement climatique sera également abordé.
En octobre 2008 à Pékin, Nicolas Sarkozy avait souligné le contexte de cette réflexion : «représentant à nous deux les deux tiers de l’humanité et la moitié de la richesse mondiale, la question
nous est posée : comment l’Europe et l’Asie peuvent-elles ensemble répondre à ces défis considérables ? Ce n’est pas un choix pour nous de travailler ensemble, c’est un devoir.»
Chacun s’était alors accordé sur la nécessité de réformer le système financier international dont la crise a révélé les défaillances, mais aussi de soutenir l’émergence d’un dialogue sur les
questions sociales et d’encourager le dialogue interreligieux.
Depuis fin 2008, c’est l’ambassadeur français Dominique Girard qui est directeur de l’ASEF, instrument de l’ASEM destiné à promouvoir et stimuler les échanges culturels et intellectuels entre les
peuples.
La France en est un des principaux contributeurs et a pris une part active aux grandes initiatives qui ont jalonné ses dix ans d’existence.
Après plus
de 3 mois de conflit, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche souhaite la mise en place du rattrapage des cours et garantit que «les examens se tiendront dans de bonnes
conditions», tandis-que la coordination nationale des universités appelle les enseignants-chercheurs et les personnels non-enseignants à «ne pas organiser les examens et ce jusqu’à satisfaction des
revendications».
Que se passe-t-il ?
En fait, le mouvement universitaire s’inscrit dans une dimension de contestation et de malaise que même les avancées significatives des négociations semblent ne pouvoir résoudre.
C’est Jack Lang, alors ministre de l’Education du gouvernement Jospin, qui déclare en 2001 à la Conférence des Présidents d’Université «l’autonomie est une condition de l’efficacité».
En décidant la réalisation de ce qui apparaît comme une nécessité nationale, le gouvernement Fillon instaure -de fait- la concurrence entre les établissements, ce qui est perçu comme une abdication
aux principes d’une société marchande.
Le caractère d’égalité de traitement entre «petites» et «grandes» universités est donc appelé à disparaître, sans garantie de soutien aux plus fragiles.
Ainsi donc les enseignants et les étudiants ont bien compris que c’est la mort du système laïc et public français.
Certes, dans le concret immédiat, on peut voir que «l’agitation» est conduite par des groupuscules d’extrême gauche… «fils et filles de bonnes familles» le plus souvent, mais c’est toujours le cas
dans les facs, et cela ne doit pas mobiliser notre attention.
Le défi : l’autonomie doit permettre de renverser des mentalités qui stérilisent le potentiel français.
En effet, le monde de l’entreprise a souvent affiché un profond mépris pour la fonction publique et pour le monde universitaire plus particulièrement.
Les politiques n’ont jamais réussi à arbitrer cet affrontement entre deux mondes qui font tout pour s’ignorer, situation aujourd’hui suicidaire avec la mondialisation de l’économie qui fait que les
pays émergents mettent sur le marché beaucoup plus d’ingénieurs et de brevets que nous.
Quel grand homme politique arrivera à vaincre ce cancer généralisé ?
Pourtant, c’est dans une victoire contre cette maladie propre à la France que se joue l’avenir de nos enfants.
Car, si nous n’arrivons pas à la vaincre, innovation et développement resteront lettres mortes, ne faisant l’objet que de pieuses intentions.
La loi Taubira de 2002 a réparé une injustice de longue date en légiférant sur un devoir
de mémoire,.
D’abord en reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, ensuite en insérant ces faits historiques
dans les programmes scolaires et en soutenant le développement des recherches scientifiques s’y rapportant.
Pourtant, s’il s’agit incontestablement d’un grand pas dans la démarche mémorielle touchant à l’esclavage, certains reprochent à cette
loi d’occulter une autre vérité historique : du Xème au XIIème siècle, traite et esclavage furent le fait des Arabes et des… Africains avant de devenir une pratique européenne.
De plus, les Européens ont été les plus engagés à promouvoir l’abolition.
Trop d’accent sur « la faute française -ou européenne- », au détriment de toute la vérité, pourrait bien exacerber la haine anti-blanc
ravivée à l’occasion des dernières crises aux Antilles.
D’où l’urgence de tenter de comprendre la complexité de l’identité antillaise et sa difficulté à trouver toute sa place au sein de la
société française.
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